Les Français sont de plus en plus attentifs aux inscriptions sur les emballages alimentaires. Leur besoin d’information et de transparence s’accroît donc de jour en jour. En effet, d’après une étude Opinion Way[1], pour 9 Français sur 10, être mieux informé sur les produits alimentaires permet de consommer des produits de meilleure qualité, privilégier ceux fabriqués en France et faire attention à leur santé. Parmi eux, 83% s’informent sur les produits alimentaires et 64% s’informent en lisant l’emballage, qui prime sur tous les autres moyens. C’est pourquoi, de nombreuses initiatives tentent de répondre à ce besoin. Vous connaissez certainement déjà le système d’étiquetage nutritionnel du Nutri-Score. Désormais, on assiste à l’apparition de nouveaux scores sur les produits alimentaires : Note globale et Eco-Score. Faisons donc le point !
Le Nutri-Score, l’information nutritionnelle pour tous
Le Nutri-Score est une initiative publique qui se matérialise par un étiquetage nutritionnel sur les aliments. Il a pour objectif de guider les choix alimentaires des consommateurs pour les aider dans leur équilibre nutritionnel. Son calcul prend en compte : les nutriments à limiter dans l’alimentation : acides gras saturés, sucres et sel, et l’énergie. Et d’autre part, des nutriments et aliments à favoriser : fibres, protéines, fruits et légumes, légumes secs, fruits à coque, huile d’olive/colza et noix. Il se matérialise donc par un logo représentant 5 niveaux nutritionnels de A à E. Pour les aliments de la meilleure à la moins bonne qualité nutritionnelle !

Ses forces
- Tout d’abord, il est clair et ludique : il simplifie l’information nutritionnelle sur les packs alimentaires,
- Egalement, lisible et reconnaissable, il est compréhensible de tous,
- Utilisé à grande échelle, il incite les industriels à reformuler leurs recettes,
- Le calcul de ce score repose sur des bases scientifiques,
- Mais aussi, en tant qu’initiative publique, il inspire la confiance des consommateurs.
Ses faiblesses
- Parfois mal interprété par les consommateurs (confusion avec l’impact environnemental par exemple),
- Et bien sûr, le risque de diabolisation et d’exclusion des aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés.
L’éco-Score, gage de l’impact environnemental
Créé récemment, ce nouveau score vise à informer et à sensibiliser les consommateurs sur l’impact environnemental des produits alimentaires. A l’image du Nutri-Score, l’Eco-Score classe les produits sur un système de notation de A à E. Mais de l’impact environnemental le plus faible au plus élevé ! Cet impact prend en compte différents facteurs sur l’ensemble du cycle de vie du produit. De sa production, à son transport, en passant par la transformation ! Ainsi, son calcul repose sur deux éléments :
- Des données quantitatives issues des bases de données d’Analyses de cycle de vie des produits (ACV). Il s’agit d études toujours en développement, réalisées par des experts à travers le programme Agribalyse porté par l’Ademe et l’Inrae.
- Des critères qualitatifs supplémentaires qui rendent compte de bénéfices (ou d’impacts négatifs) environnementaux non pris en compte dans l’ACV. Tels que la recyclabilité des emballages, les labels, le pays de provenance des ingrédients et la saisonnalité des aliments.
L’Eco-Score, basé sur des bases de données en Open Source, est proposé par un collectif d’acteurs privés du numérique. On y retrouve entre autres : La Fourche, Yuka, FoodChéri, Seazon, Marmiton, Etiquettable, Open Food Facts, ECO2 initiative, ScanUp, Frigo Magic. Ils ont l’ambition commune de rendre accessible la compréhension de l’impact environnemental des aliments pour tous.

Ses forces
- Un score qui prend en compte l’ensemble des étapes de la productions de l’amont à l’aval,
- Un ajout de bonus ou de malus pour une démarche complète et aboutie. Avec le système de production, l’origine des produits, la politique environnementale ou la circularité des emballages,
- Un outil d’aide à la décision et une simplification de l’information pour une lisibilité et une compréhension optimale des consommateurs,
- Basé sur des données scientifiques issues de l’ADEME,
- Incite les industriels à changer leurs pratiques en matière d’impact environnemental.
Ses faiblesses
- Possibilité de confusion avec le Nutri-Score,
- Le système d’analyse du cycle de vie est encore en développement. Son analyse n’est donc pas parfaite: certains paramètres environnementaux manquent dans cette analyse.
La note globale, un score qui vise la performance sociétale

La Note Globale s’inscrit dans les Objectif de Développement Durable de l’ONU. Sa mise en œuvre passe par des engagements actifs de toutes les parties prenantes : entreprises, collectifs, associations, citoyens et gouvernements. Elle est créée dans l’objectif de répondre aux questionnements des consommateurs d’une part : Comment mieux consommer ? Comment choisir mes produits ? Au questionnement des acteurs économiques d’autre part : Quelles actions mener pour rendre les produits plus durables ?
Elle se matérialise ainsi par une note /100 apposée sur l’emballage des produits alimentaires et les applications de décryptage. Cette note exhaustive repose sur 6 enjeux. Plus la note est proche de 100 plus le produit respecte les enjeux du développement durable. En répondant à ces objectifs, elle représente un outil d’aide à l’achat pour le consommateur. Mais aussi un outil de progrès pour chaque acteur de l’agroalimentaire !

Par cette méthode, la Note Globale met en relation tous les maillons de la chaîne agroalimentaire. Elle représente une note compréhensible par tous pour mesurer la performance globale du produit sur lequel elle est apposée.
Ses forces
- Note claire et lisible de tous,
- Révélatrice d’un réalisme terrain grâce à la collaboration avec les industriels,
- Intègre différentes facettes complémentaires telles que la nutrition, le bien-être animal, la rémunération des producteurs, l’environnement,
- Système à double lecture grâce à une note globale synthétique permettant de comparer facilement les produits entre eux. Et aussi, une note détaillée par enjeux permettant de dissocier selon les valeurs de chacun.
Ses faiblesses
- La note globale indiquée sur les produits est une moyenne de plusieurs notes. L’écart entre les produits est donc en général assez faible. Par exemple, pour les poulets la note varie de 66 à 69 seulement.
L’ensemble de ces notations et étiquetages alimentaires ont bien sûr leurs limites. Mais ils ont toutes leurs raisons d’exister pour informer le consommateur. Pour cela, il est important qu’il puisse comprendre ce qui se cache derrière ces étiquetages alimentaires. Il est donc nécessaire de sensibiliser les consommateurs à la compréhension des différentes composantes de chacun des scores. Puis, de sensibiliser les acteurs de l’agroalimentaire à proposer des produits en adéquation avec l’environnement, la nutrition et la durabilité.
Alors, devenir consomm’acteur : c’est être acteur de son alimentation en toute connaissance de cause ! Les scores apposés sur les emballages alimentaires sont des cercles vertueux pour la consommation d’aujourd’hui et de demain.
🥝 Partagez nos articles avec le #CultureNutrition
Un article écrit avec Honorine Ouin, assistante Chef de Projet, merci à elle !
[1] Étude OpinionWay-Alkemics : les Français et la transparence sur les produits alimentaires, 2019. Disponible sur internet : https://maieute.com/etude-opinionway-alkemics-les-francais-et-la-transparence-sur-les-produits-alimentaires/
Crédits photos: #298320650 – © tomertu – stock.adobe.com