Aliments

La fin du soja chez Sojasun ?

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Alexia
Écrit par Alexia

La production mondiale de soja est destinée pour 10 % à la consommation humaine. En France, il est issu de l’agriculture française ou européenne, garantie sans OGM. Cet oléagineux est beaucoup utilisé dans les alternative aux produits animaux mais sa consommation est controversée en France. D’où le fait que des alternatives végétales à base d’amande ou d’avoine soient parfois privilégiées. C’est notamment le cas de Sojasun, dont nous avons choisi de parler.

Focus sur la consommation de protéines végétales

En 2019, les protéines végétales représentent 65 à 70 % des apports protéiques pour l’alimentation humaine mondiale [1]. Ce marché a augmenté de 43 % entre 2013 et 2018 pour atteindre 10 milliards d’euros. En 2015, 25 000 tonnes de produits au soja sont vendus en GMS [2] en France. 1 Français sur 5 déclare acheter ces produits en 2014, confirmant la démocratisation du marché en France [3]. Notre pays est d’ailleurs l’un des plus grands producteurs de produits à base de soja pour l’alimentation humaine, ce qui est paradoxal au vu de la controverse.

Faisons le point sur la controverse du soja qui secoue la France

Bien que le soja soit l’un des aliments les plus étudiés et que ses propriétés sur la santé soient reconnues par la sphère scientifique, le consommateur français est aujourd’hui méfiant à son égard. Cela est dû à plusieurs controverses, notamment à cause de la présence de certaines molécules biochimiques qu’il contient : les isoflavones. D’anciennes études scientifiques et des rapports de l’ANSES (2005) déconseillaient alors de consommer du soja en raison de son impact sur la santé. Ces études mettaient en avant l’action des isoflavones, appelées à tort phyto-œstrogènes. Elles provoqueraient des dérèglements hormonaux chez l’homme et la femme, impactant notamment la fertilité et l’activité sexuelle. Les isoflavones seraient également cancérigènes. Cependant, ces publications ont été démenties et l’ANSES est revenue sur son rapport de 2005, ne contre-indiquant plus la consommation du soja. Malheureusement, le grand public français, via les médias, a développé une réticence difficile à effacer. A cela s’est ajouté, plus récemment, les controverses environnementales et notamment le lien entre culture du soja et déforestation.

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Hashtag répertoriés en France pour le mot « soja » – Talkwalker

C’est pourquoi ces dernières années, les produits végétaux valorisent d’autres matières premières, telles que l’amande ou l’avoine. Y compris chez des leaders du secteur comme Sojasun. Cet exemple montre le poids exercé par l’opinion publique sur l’innovation.

Le cas Sojasun

Une laiterie familiale devenue végétarienne

Sojasun appartient au groupe Triballat Noyal, une laiterie bretonne familiale. Menacé dans les années 1980 par les quotas laitiers, le couple dirigeant du groupe décide d’innover et de mettre au point une recette venue de Chine. Le couple a alors l’idée de mettre à profit son expérience pour transformer la graine de soja en dessert végétal. La marque est alors créée. Elle commercialise ses premiers desserts au soja en 1988 dans les GMS françaises.

L’expert du soja innove avec de l’amande et de l’avoine

Aujourd’hui, pour répondre à la demande en alternatives aux produits d’origine animale, Sojasun élargit sa gamme de desserts végétaux, mettant à l’honneur l’amande et l’avoine. En effet, en cette année 2019, ce n’est plus le soja qui est mis à l’honneur mais l’avoine et l’amande. Cependant, le soja se retrouve toujours dans les recettes de ces produits, mais en plus faible quantité. Et on trouve toujours sur l’étiquette la garantie de l’origine française et sans OGM du soja. Ces nouveaux lancements sont-ils une réponse à la controverse autour du soja que l’on constate en France ? Sojasun cherche-t-il à se détacher progressivement du soja ? Nous garderons donc un œil sur les prochaines actualités Sojasun pour voir l’évolution de son positionnement.

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La gamme Sojasun met en avant l’amande et l’avoine

 

Pour continuer à vous documenter sur les alternatives végétales, téléchargez notre support de conférence sur les opportunités et innovations meat-free.

[1] INRA, Quelles protéines pour une alimentation saine et durable ?, 2013. [2] Grandes et moyennes surfaces. [3] Sojaxa, Baromètre 2014, 2014

Cet article a été rédigé avec l’aide de Léa Taby, Assistante Chef de projet. Merci à elle !

 

 

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A propos de l'auteur

Alexia

Alexia

Chargée de Communication et Développement chez Nutrikéo. Mes domaines de prédilection : programmes de santé publique, éducation alimentaire, innovation compléments alimentaires

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