L’ingrédient du mois : le curcuma !

L’ingrédient du mois : le curcuma !

Le curcuma, épice utilisée depuis des millénaires pour ses vertus médicinales en Asie du sud Est, a la côte depuis quelques années sous nos latitudes. L’occasion de faire un focus détaillé sur cet ingrédient : bénéfices santé, attentes consommateurs et réglementation, le curcuma n’aura plus de secrets pour vous !

De la médecine traditionnelle aux laboratoires de compléments alimentaires

Originaire d’Asie du sud-est, cette plante herbacée, généralement réduite sous forme de poudre, est utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle indienne (ayurveda) pour ses vertus sur la santé. En effet, sa teneur en antioxydants et notamment en curcumine lui confère de nombreux bienfaits : action sur la digestion, propriétés anti-inflammatoires, prévention contre le cancer, maladie d’Alzheimer, troubles intestinaux et certaines maladies cardiovasculaires. Autant de bénéfices, qui sont plus ou moins bien documentés sur le plan scientifique.

Fort de ce potentiel santé, le curcuma s’est implanté depuis quelques années déjà sur le marché des compléments alimentaires avec de nombreuses promesses telles que le confort articulaire, la digestion ou le renforcement des défenses naturelles. D’ailleurs, des leaders du marché comme Arkopharma, Fleurance Nature ou les Laboratoires Lescuyer proposent dans leurs gammes des produits à base de curcuma.

D’un point de vue formulation, le curcuma est souvent associé à de la pipérine extraite du poivre noir (un mélange inspiré de la cuisine indienne), à de la bromélaïne extraite de la tige d’ananas ou de la lécithine de soja pour améliorer son absorption.

Le curcuma : marché et attentes consommateurs

Côté marché, l’engouement persiste et les prévisions à 5 ans sont très prometteuses notamment aux USA, en Europe et en Asie du Pacifique. Concernant les applications, celles-ci sont principalement tournées autour des produits pharmaceutiques et de l’alimentation (voir graphique ci-dessous).

curcuma

La production est donc, elle aussi, à la hausse pour anticiper les prévisions de croissance importantes à horizon 2022. Le principal exportateur est l’Inde mais d’autres pays, dans une moindre mesure, fournissent également cet ingrédient comme le Bangladesh, le Pakistan ou le Sri Lanka. Cette augmentation de la demande mondiale combinée à des phénomènes météorologiques défavorables sur les récoltes entraînent ces dernières années une forte hausse des prix.

Du côté des consommateurs, la hausse des prix n’a pourtant pas impacté la demande, bien au contraire. En effet, au niveau mondial, la demande et l’intérêt pour le curcuma progressent de façon exponentielle depuis 2014.

Par ailleurs, les données Google Trends au niveau mondial montrent l’augmentation du nombre de recherches pour les mots « tumeric »  et « curcumin » ces cinq dernières années.

En s’intéressant à la France, le constat est identique depuis 2014 avec cependant une récente tendance pour la recherche du principe actif « curcumine » qui était jusqu’à présent méconnu.

Par ailleurs, les mots clés associés les plus fréquents sont « curcuma poivre » « curcuma cancer » et « curcuma bienfaits » qui soulignent, là encore, une prise de conscience des consommateurs quant aux bienfaits et à l’utilisation du curcuma.

Le regard réglementaire de Pharmanager 

Le Curcuma longa L. (Curcuma domestica Val., Curcuma domestic Loir., Amomum curcuma Jacq) fait partie de la Norme ISO 676 établissant une liste non exhaustive des noms botaniques et des noms communs des plantes ou parties de plantes utilisées en tant qu’épices ou aromates.

Pourtant, cette épice ne se trouve ni dans l’arrêté du 24 juin 2014 (établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi, dit « arrêté plantes ») ni dans la liste des plantes éligibles à l’article 15 (publiée sur le site de la DGCCRF). Il suit de cette remarque que la DGCCRF ne reconnaît pas le curcuma comme un ingrédient alimentaire autorisé par la loi française : il faut donc déclarer les compléments alimentaires mis sur le marché français contenant cet ingrédient selon l’article 16 du décret n° 2006-352 relatif aux compléments alimentaires en revendiquant la conformité à la législation d’un autre Etat Membre (procédure de reconnaissance mutuelle).

Bien qu’ayant un contexte réglementaire qui peut paraître peu favorable, le curcuma semble avoir de belles années devant lui !
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Charline
Consultante - Chef de projet chez Nutrikéo. Mes domaines de prédilection : marketing agroalimentaire, étiquetage nutritionnel, communication nutritionnelle

1 Commentaire

  1. En Asie Sud Est, ils déjà pas mal avancent dans le marché des curcumines avec les études de biodisponibilité, de nano-ingrédient…L’ail, le curcuma, ou bien la cannelle sont les prochains antibiotics naturels.

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