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Notation des compléments alimentaires : qu’en pensons-nous ?

notation des compléments alimentaires
écrit par La Rédaction

Vous n’êtes pas sans savoir que le marché des compléments alimentaires est très dynamique. Petite piqûre (ou gélule) de rappel en un coup d’œil sur notre dernière infographie :

Le marché des compléments alimentaires en 2020

En effet, la transition nutraceutique est lancée ! De l’aliment santé aux nutricosmétiques en passant par les fournisseurs d’ingrédients et les DNVB, aujourd’hui la nutraceutique fait sa place dans les habitudes de consommations.

Aussi la question se pose ! Ces produits peuvent-ils, comme dans les rayons alimentaires, faire l’objet d’une notation ? Est-ce pertinent ? L’équipe Culture Nutrition s’est posé la question.

Profiter du succès des compléments alimentaires

Le chiffre d’affaires des compléments alimentaires a dépassé les deux milliards d’euros en 2020.

Ce montant résulte du succès des différentes promesses des produits qui ont su répondre aux besoins du moment. Avec la crise sanitaire, vitalité et immunité sont sur le podium. Les consommateurs cherchent à booster leur santé. Une augmentation de 22% dans les pharmacies et de 18% dans les magasins bio.

Les chiffres du marché parlent d’eux-mêmes sur la montée en puissance du marché de la nutraceutique. Aussi, les marques y trouvent leurs comptes en lançant de nouvelles gammes de produits, de nouvelles galéniques, de nouvelles promesses.

Le consommateur est perdu face à la multitude des offres. Une notation pourrait bien l’aider dans son process d’achat.

S’adapter aux tendances de consommation

Près d’un français sur deux (44%) déclare avoir consommé des compléments alimentaires au cours de l’année 2020[1]. Tout comme dans l’alimentaire, apposer une notation sur les compléments alimentaires permettrait d’éclairer le consommateur.

À la recherche de naturalité, les consommateurs peuvent être perdu.  Les marques se diversifient et les pharmacies, bien qu’encore leaders du marché, perdent du terrain sur la distribution. D’autant plus avec la montée du e-commerce qui permet d’acheter des produits sans conseil direct de la part d’un expert.

35% des consommateurs ont acheté leurs compléments alimentaires sur un site internet[2]. Une évolution logique vers le digital avec l’émergence des DNVB. Ce développement se fait exclusivement par la présence digitale (réseaux sociaux, marketing d’influence…). Ainsi, un nouveau visage du marché des compléments alimentaires et de leur distribution se façonne. S’y retrouver est nécessaire !

Apposer un « nutra-score »

Si dans l’univers alimentaires, les notations sont nombreuses, c’est bien parce que les produits se retrouvent pour la majorité dans les assiettes.

À l’inverse, les compléments alimentaires sont des denrées alimentaires qui viennent compléter l’alimentation. Ce ne sont pas des médicaments mais des précautions d’emploi sont à suivre en compte lors de leurs prises.

Le marché, malgré ses dizaines d’années d’existence, n’a pas encore de notation valable. D’ailleurs, les deux acteurs de notation alimentaire les plus connus se positionnent ainsi :

  • Yuka ne note pas les médicaments ni les compléments alimentaires car leur composition est très spécifique.
  • Nutri-Score, rapport de Santé Publique France « Dans le cas de produits n’étant pas sujet à la déclaration nutritionnelle obligatoire, (i.e. les produits listés en Annexe V du règlement INCO), si la déclaration nutritionnelle est présente, alors l’industriel peut choisir d’apposer s’il le souhaite ou non le Nutri-Score sur ses produits. Néanmoins, ce choix doit s’appliquer uniformément sur tous les produits de la même catégorie (et non pour chaque produit séparément). »

Encadrer le marché

Il est évident que si notation il doit y avoir, un conseil sera tout de même nécessaire pour orienter le consommateur selon ses besoins et faire de la pédagogie. Pour la moitié des consommateurs, l’achat de compléments alimentaires a été déclenché par les conseils d’un professionnel de santé[1].

Or, les publicités (43%) et le digital (42%) sont les nouveaux moteurs d’achats. La transition digitale est en marche. Face à cette croissance accélérée, une notation pour cadrer ce marché est plus que nécessaire.

En effet, le e-commerce permet de développer le marché de la nutraceutique mais peut aussi poser des problèmes en termes de législation.

Les compléments alimentaires sont soumis à des normes de qualité élevées en matière de sécurité des produits et des informations données à l’échelle européenne. Mais la France va plus loin en adoptant des dispositions spécifiques sur l’emploi de certains ingrédients. Ainsi, ce renforcement des exigences sanitaires sur le sol français peut ne pas être appliqué à l’étranger. De plus, les nouvelles marques qui se lancent uniquement dans le e-commerce prennent certaines libertés avant que les autorités règlementaires ne les examinent…

Aussi cette notation devrait pouvoir encadrer l’ensemble du marché et pour cela, il faudrait qu’un consensus ait lieu. De plus, le soutien du Synadiet et des autorités de santé sera nécessaire. Et une homogénéisation des notations devra être imposée.

En bref, toutes les problématiques rencontrées pour mettre en place le Nutri-Score se poseront à l’échelle de la nutraceutique. Un joli défi bien avec pas moins de 400 marques répertoriées par le Synadiet en 2017.

Définir les critères de notation

La liste des critères de notation pourrait être bien longue ! Mais les grandes tendances de consommation peuvent nous orienter. La naturalité fait sa place.

Sur le podium, les Français se tournent vers les compléments alimentaires d’origine française (ingrédients et fabrication), naturels et sans additifs (dont le prix n’est pas trop élevé bien entendu).

C’est donc la composition du produit qui est à détailler.

  • Une attention particulière devra évidemment se porter sur le sourcing des ingrédients et des principes actifs.
  • Mais aussi la liste des additifs et excipients ajoutés. 
  • Le choix du végétal ou du synthétique est également à faire entrer dans les calculs.
  • S’ajoute à cela la composition vegan ou non des gélules par exemples.

En bref, toute la qualité du complément alimentaire passée à la loupe.

Ensuite une vigilance sur les preuves scientifiques de chaque actif doit peser dans la notation. En effet, si les promesses se multiplient au profit de ce marché en pleine croissance, cela ne doit pas être au dépend de la véracité scientifique.

Bilan : Notation de la nutra, notre avis

Le marché de la nutraceutique est en pleine croissance. Il est évident qu’une notation appropriée serait nécessaire.

L’engouement actuel qui grandit à travers les réseaux sociaux entrainent ainsi de nouveaux consommateurs (+38% d’internautes sur les comptes Instagram de compléments alimentaires au cours de ces 12 derniers mois[3]). Un enjeu de message de santé publique est important à faire. Le marché très réglementé de la nutraceutique s’accompagne de pédagogie et de conseils.

Ainsi, la composition du produit et la véracité scientifique des promesses devront être prises en compte. Un message clair et cohérent pour l’ensemble des acteurs du marché devra être de mise.

L’hypersegmentation du marché, nous fait aussi dire que cette notation est importante. De plus, l’accessibilité grandissant de ces produits avec l’exemple des gummies disponibles en GMS nécessite de la pédagogie. Les compléments alimentaires ne doivent en aucun cas être considérés comme des denrées alimentaires.

Un premier exemple de notation existe avec une application web ! BioCurae référence les principes actifs en évaluant leur efficacité de A à E selon les preuves et les études référencées (A = des preuves, E = usage en médecine traditionnelle).

L’équipe Culture Nutrition garde un œil sur les tendances du marché de la nutraceutique et les perspectives de notation à venir. Pour en savoir plus sur la transition nutraceutique, consultez le regard d’experts en cliquant ici.

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Un article rédigé avec Chloé Dall’anese, assistante communication. Merci à elle !

Crédit Photos :  195327910 – adobe.stock – Viacheslav Lakobchuk


[1] Synadiet, Résultats de l’Observatoire des compléments alimentaires 2020.

[2] Harris Interactive, 2021. Rapport final : Nouvelles Tendances Consommateurs dans les Compléments alimentaires. Synadiet

[3] Harris Interactive, 2021. Rapport final : Nouvelles Tendances Consommateurs dans les Compléments alimentaires. Synadiet

A propos de l'auteur

La Rédaction

La rédaction de Culture Nutrition : une équipe de rédacteurs à l'affût de toutes les tendances nutrition-santé, pour vous partager au quotidien les dernières innovations des marchés Food, Nutra, Santé, mais aussi les dernières actualités en matière de communication, durabilité et business.

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