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[Interview] Né d’une seule ferme : au plus proche des éleveurs laitiers

Né d'une seule ferme
La Rédaction
écrit par La Rédaction

« Né d’une seule ferme, fabriqué à deux pas », telle est la promesse de la jeune pousse Né d’une seule ferme. Cette start-up spécialisée dans la production de yaourts s’engage auprès des éleveurs laitiers. Comment ? En leur offrant l’opportunité d’un complément de revenus en transformant une partie de leur production de lait en yaourts. Ce projet social a germé dans la tête de son fondateur, André Bonnard, ancien secrétaire de la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers (FNPL). Nous sommes partis à la rencontre de Bastien Debras, directeur des opérations, qui nous en dit plus sur cette solution locale, durable et responsable.

De quel constat est né Né d’une seule ferme ?

André Bonnard a lancé Né d’une seule ferme sur la base d’un triple constat. D’une part, les éleveurs ont des conditions économiques difficiles avec plus de 30% des éleveurs qui ne gagnent pas d’argent. D’autre part, il y a une forte attente sociétale pour des produits sains, fermiers, bons, produits proches des consommateurs et rémunérant justement les producteurs. Enfin, les acteurs de l’aval de la filière, qu’il s’agisse de la distribution, de la restauration, des grossistes, ou même des acteurs publics comme les collectivités, ont compris cette attente des citoyens-consommateurs et cherchent des solutions pour y répondre.

Né d’une seule ferme permet donc de répondre à ces trois enjeux :

  • Ramener la transformation à la ferme et la rendre facile et accessible. Nous permettons ainsi aux éleveurs d’améliorer leur rémunération ;
  • Installer des containers équipés, des yaourteries, dans toute la France. Ainsi, nous offrons aux consommateurs des produits accessibles qui répondent à leurs attentes sur tout le territoire ;
  • Proposer la première marque nationale multi-locale. De ce fait, nous répondons aux attentes des acteurs de l’aval de la filière, avec un interlocuteur unique capable de leur fournir sur tout le territoire les produits qu’ils cherchent.

Né d’une seule ferme propose une solution à destination des éleveurs. En quoi consiste-t-elle ?

Nous proposons aux éleveurs de transformer le lait de leurs vaches en yaourt directement sur la ferme, grâce à une solution clef en main. Ainsi, nous vendons leurs yaourts sous la marque NUSF. Pour cela, nous leur fournissons une yaourterie, un container aménagé contenant tout l’équipement nécessaire à la production de yaourts, tout en respectant les normes industrielles et sanitaires.

La solution mise à disposition des éleveurs

Notre objectif est de lever toutes les barrières qui peuvent freiner les agriculteurs désireux de passer le cap de la transformation :

  • Nous réalisons l’investissement, et la yaourterie est simplement louée par l’éleveur ;
  • Nous réalisons ensemble les démarches administratives et sanitaires, qui peuvent être longues et fastidieuses ;
  • Né d’une seule ferme assure une formation, un suivi et un support, pour lui permettre de réaliser des produits de qualité dès le début et l’accompagner en cas de besoin ;
  • Nous lui permettons de créer un emploi affecté à la transformation, que ce soit un emploi salarié ou pour intégrer un associé dans la ferme ;
  • Nous lui assurons un volume de production annuel, en trouvant les débouchés avant d’installer une yaourterie et en contractualisant sur les volumes ;
  • Né d’une seule ferme apporte une marque nationale garantissant une visibilité et une qualité ;
  • En transformant en moyenne 10% de la production, nous lui offrons une alternative sans remettre en cause ses relations commerciales précédentes ;
  • Si la situation de l’éleveur évolue et qu’il souhaite arrêter, nous reprenons la yaourterie pour la louer à un autre éleveur. Il ne s’agit donc pas d’un nouvel emprunt à rembourser coûte que coûte et qui augmenterait la pression financière sur la ferme ;
  • Et surtout, nous lui proposons un système qui apporte de la valeur ajoutée, en permettant de valoriser le lait à 550€/ 1000L pour 1000L transformés par semaine, toutes charges payées, contre un prix du lait qui est aujourd’hui autour de 330€/1000L.

La mise en avant des éleveurs

Par ailleurs, si les yaourts sont commercialisés sous notre marque, l’éleveur est mis en avant sur l’emballage, son nom et sa commune étant indiqués. Un QR code permet aussi au consommateur d’en savoir plus, en pointant vers une page sur notre site web présentant l’éleveur et sa ferme.

Né d’une seule ferme, c’est le meilleur de l’industrie (qualité sanitaire et prix) et le meilleur de la production à la ferme (naturalité et typicité). 

Quelle est la démarche pour en bénéficier ?

Pour en bénéficier, les éleveurs candidats peuvent prendre contact avec nous via notre site web. Nous analysons ensuite ensemble leur projet. Si ce que nous proposons colle avec les attentes des agriculteurs et les nôtres, nous pouvons alors commencer à travailler ensemble.

Il n’y a pas de contrainte sur les choix faits par la ferme. Notre volonté est de représenter la diversité des fermes françaises, et de ne pas privilégier un type de production sur un autre. Au contraire, nous sommes très fiers de pouvoir proposer des yaourts issus de races différentes, de pratiques d’élevage différentes, dans des zones différentes, qui reflètent les particularités des territoires et des agriculteurs.

Né d’une seule ferme est avant tout un projet social. Ce qui veut dire que nous privilégions l’impact à tout autre chose. Par exemple, nous limitons volontairement à 1 yaourterie par ferme – alors que certains éleveurs nous en ont déjà demandé plusieurs. Notre volonté est d’aider le plus grand nombre d’éleveurs, qui transformeront une petite partie de leur lait (environ 10% pour une ferme moyenne).

Que vous apporte votre partenariat avec Intermarché ?

Le partenariat avec Intermarché est fondamental, car il permet d’assurer la commercialisation des produits. En effet, Intermarché s’est engagé à commercialiser nos yaourts, qui seront vendus en exclusivité pour le secteur de la grande distribution dans leurs magasins, pendant 3 ans. Premier réseau de magasins en France avec plus de 1800 points de vente, c’est aussi l’assurance pour nous de commercialiser nos produits au plus proche des lieux de production.

Par ailleurs, Intermarché nous accompagne financièrement, en nous permettant de réaliser les premiers investissements et les dépenses nécessaires au lancement de l’activité.

Enfin, ils nous aident à mieux structurer le projet et ses différents aspects, en nous fournissant une expertise précieuse dans différents domaines (logistique, marketing, accessibilité économique des produits…).

Partenariat Né d'une seule ferme et Intermarché

Thierry Cotillard, président d’Intermarché, et André Bonnard, fondateur de Né d’une seule ferme.

A quel stade en êtes-vous ?

Les deux premières yaourteries sont installées depuis mai 2020, dans le Rhône et la Haute-Marne. Nous mettons en ce moment tout en place pour pouvoir débuter la commercialisation à la fin du mois de juin dans les magasins autour.

Par ailleurs, les 12 premières yaourteries sont financées par un pool bancaire, et nous avons prévu de les déployer en 2020. Ce qui devrait nous permettre d’être présent sur 60% du pays.

En complément, pour garantir la vitesse de notre déploiement, nous avons besoin de fonds propres et nous commençons donc à rencontrer des investisseurs pour réaliser une levée de fonds. Notre objectif est de lever 2 millions d’euros à la fin de l’année, pour pouvoir continuer à financer notre croissance dans les années qui viennent.

Quels sont les projets à venir pour Né d’une seule ferme ?

A court terme, le projet le plus important est de réussir les premières commercialisations, et de réussir à trouver nos consommateurs.

A plus moyen terme, notre objectif est de nous déployer sur d’autres régions de France en commençant par la région parisienne et les régions autour, pour être capable de proposer des yaourts dans toute la France d’ici mi-2021.

Enfin, nous avons en projet de déployer notre concept à d’autres productions que le yaourt, aussi bien dans des produits laitiers que pour d’autres secteurs. Dans un contexte post-COVID, nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice du fameux « monde d’après », en proposant une solution parmi d’autres pour développer les circuits courts, et passer de l’agroalimentaire à l’agritransformation.

 

Un article écrit avec Sophie Gonçalves, Assistante Chef de Projet. Merci à elle !

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La rédaction de Culture Nutrition : une équipe de rédacteurs à l'affût de toutes les tendances nutrition-santé, pour vous partager au quotidien les dernières innovations du marché.

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