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L’huile de palme n’en finit pas d’être pointée du doigt

huile de palme
Ophélie Perdrieau
Écrit par Ophélie Perdrieau

L’huile de palme, cette perle technique pour les industriels agro-alimentaires, est encore source de nombreux débats. Un ingrédient décrié qui révolte les consommateurs et bannit les industriels, quel que soit sa provenance ou son mode de production. Focus sur un produit qui a connu ses heures de gloire.  

L’huile de palme, l’huile la plus consommée au monde

L’huile de palme détrône ses semblables et se place en tête de peloton en termes de consommation. 240 millions de tonnes sont appelées à être ingérées pour 20501. 87 % de la production provient des plantations indonésiennes et malaysiennes2. Notons qu’un palmier à huile est particulièrement rentable avec près de 40 kg d’huile par an, pour une durée de vie de 30 ans3 !

Cet ingrédient magique, on le retrouve en grande majorité dans le secteur agro-alimentaire, mais aussi des cosmétiques et en très faible proportion dans les énergies, en tant que biocarburant. Qui dit huile de palme dit souvent produits transformés, voire ultra-transformés.

Un avantage technologique pour les industriels agro-alimentaires

En plus d’être rentable, l’huile de palme possède des caractéristiques techniques avantageuses. Elle est très stable à haute température et tient par conséquent bien à la cuisson. Par ailleurs, sa solidité à température ambiante permet l’obtention de textures intéressantes (craquant, croustillant, fondant…). L’huile de palme est également résistante à l’oxydation, elle ne rancit pas et préserve ainsi la qualité des produits. Enfin, son goût neutre permet de révéler les autres saveurs d’une recette.

Et nutritionnellement ça donne quoi ?

Acide gras saturés à hauteur de 49 %, dont 43,5 % d’acide palmitique, l’huile de palme fait figure de mauvaise élève par rapport à l’huile d’olive et l’huile de tournesol (qui ont respectivement 12 % et 13 % d’acide gras saturés)4. D’ailleurs, l’ANSES met le doigt sur l’acide palmitique, qui en excès est considéré comme athérogène. En effet, elle formerait des plaques lipidiques se fixant sur la paroi interne des artères. 

De quoi l’huile de palme est-elle coupable ?

Cholestérol, maladies cardio-vasculaires… au-delà des méfiances en termes de santé, l’huile de palme est connue pour sa problématique écologique. Et pour cause, la culture de palmier à huile est considérée comme l’une des principales causes de la déforestation dans le monde ! Et elle représente également une menace pour la biodiversité. Ekoplaza, un supermarché néerlandais, a d’ailleurs recyclé récemment une campagne choc de Greenpeace au sujet de l’extinction des orangs-outans.

Une dure leçon qui a banni l’huile de palme dans le cœur des Français. En 2017, 64 % d’entre eux ont décidé d’éviter le plus possible d’acheter des produits alimentaires contenant l’huile de palme5

Les industriels choisissent leur camp : durable ou sans huile de palme

D’un côté, les « sans huile de palme », de l’autre les « huile de palme durable ». Les industriels prennent parti et le cœur des consommateurs balance. 

Le « sans huile de palme », c’est miser sur l’allégation on-pack. Les industriels décident de bannir cet ingrédient controversé, et le déclarent fièrement dans leur politique d’engagements. Attention, bonjour l’éternel débat sur le durable : le « sans huile de palme », un argument marketing ?

Pour les « huile de palme durable », c’est la course aux certifications. On voit donc fleurir la fameuse huile de palme CSPO. Définition ? « Certified Sustainable Palm Oil », une certification créée en 2004 avec la RSPO « Roundtable on Sustainable Palm Oil ». Les IAA associent d’ailleurs cet engagement à un discours pédagogique sur le pourquoi du comment l’huile de palme. Prenons l’exemple de Ferrero avec Nutella et sa campagne « L’huile de palme, parlons-en ».

Mais le débat subsiste : l’huile de palme durable, on y va ou on n’y va pas ? Le remplacement de l’huile de palme reste à envisager avec précaution. L’utilisation d’autres matières grasses végétales contenant des acides gras trans ou source de polémique écologique n’est pas une solution. La meilleure réponse à ce débat reste la transparence.

N’hésitez pas à consulter notre article sur les huiles santé.


  1. Oil World, 2016
  2. Le figaro, 2015
  3. Table Ciqual, 2016
  4. ANSES, 2017
  5. Enquête IPSOS pour l’observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations, 2017
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Ophélie Perdrieau

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