Aliments Innovation

Canicule : bonjour les glaces !

Ophélie Perdrieau
Écrit par Ophélie Perdrieau

Un marché qui brise la glace

Le français est un petit consommateur de glace : avec 6 litres par personne par an, nous sommes loin des 20 litres de nos voisins américains ! Et pourtant, nous en dégustons de plus en plus, avec une consommation par près de 85 % des foyers et un budget moyen de 46,60€1. Loin d’être gelées, les ventes ne se sont jamais aussi bien portées. La grande distribution affiche une progression de 8,4 %2 (en valeur, 1,2 milliard d’euros) en 2018 ! 237,8 millions de litres se sont avalés particulièrement en période estivale, avec 80,7 % du chiffre d’affaires réalisé entre avril et septembre. 

Le classique « vanille-chocolat » en quête d’innovation

Les glaces ont du vent dans les voiles ! 58, c’est le nombre de produits lancés en 2018. L’innovation est de rigueur pour proposer d’autres parfums que vanille-chocolat. La glace Kinder, lancée en avril 2018, a d’ailleurs tiré son épingle du jeu. Elle s’est placée en tête des lancements de grande consommation 2018 avec 16,6 M€ de chiffre d’affaire après 6 mois2. D’autres leviers peuvent être activés pour séduire nos papilles en quête de renouveau.

Les goûts et les couleurs

Les glaces ont plus d’un tour dans leur sac pour désaltérer le consommateur. Ce dernier découvre alors des nouveaux toppings et des nouvelles textures : crémeuses, semi-crémeuses, éclats de noisettes, de coco… Les boules classiques laissent peu à peu leur place à un panel de desserts glacés plus séduisants les uns que les autres.

A la recherche de nouvelles associations, les artisans misent également sur l’originalité : les consommateurs les plus aventuriers se laisseront séduire par du carottes-orange-gingembre ou du tomate-basilic, d’autres par des saveurs plus salées ! Au Moyen-Orient, le gaspacho, le guacamole et le nacho s’invite au bar à glaces. A quand le sorbet à la choucroute ?

Le cône laisse sa place à des formats nouveaux !

En pot, en bâtonnet, en cône… L’originalité peut résider dans le format ! Les industriels se sont d’ailleurs positionnés sur le format « mini » qui a participé à la hausse des ventes avec une croissance de 23 %. Pas étonnant au vu de la tendance nomade.  C’est le pari de iceRoll qui, sous les yeux des consommateurs, forme des rouleaux sur une plaque à -30°C.

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Plaisir oui, minceur encore mieux 

Manger moins gras et moins sucré : les glaces n’y échappent pas ! Elle se renouvellent pour proposer aux gourmands des compositions plus équilibrées. Emkipop l’a compris : avec « La Détox » avec du gingembre, du citron et du curcuma ou « L’antioxydante ».  Ces derniers travaillent d’ailleurs qu’avec des fruits locaux et de saison, choses qui séduisent les consommateurs d’aujourd’hui. Les lancements de glaces contiennent eux aussi moins de sucre et de matières grasses mais se veulent toujours aussi savoureux. L’ultra-gourmandise ne peut quitter ce produit phare cet été.

Répondre à une demande de consommation responsable

Emkipop se la joue donc développement durable avec le local de saison. Leur communication est d’ailleurs basée sur la transparence, avec une liste courte d’ingrédients.

D’autres options peuvent également répondre aux industriels et consommateurs soucieux de leur impact environnemental. Danone s’est ainsi aventuré sur le créneau vegan avec sa marque Alpro. Sans lait ni crème d’origine animale, le jus de coco, de soja et la purée d’amande s’invitent dans la composition des glaces.

Unilever a aussi marché sur ces platebandes avec Ben & Jerry’s. Lancés en 2018, les pots vegan sont à base d’amandes. La gamme va maintenant s’élargir pour laisser place au lait de coco en 2019. Leurs glaces mythiques, les Magnum, se déclinent également pour les vegan !

La glace séduit petits et grands, mais surtout les plus âgés 

Le senior est un gros consommateur de glaces avec 8,4 actes d’achat par an1. Les géants des glaces tels que Mars, Unilever ou encore General Mills ont plus de difficultés avec les moins de 35 ans. Pour séduire les Millennials en quête d’hédonisme, il faut pouvoir aussi surfer sur les réseaux sociaux. La naturalité et le nomadisme, c’est bien. Des glaces instagrammables, c’est encore mieux !


  1. Les Echos, 2019
  2. LSA conso, 2019
  3. Nielsen ScanTrack et Nielsen Homescan, Hypermarchés et supermarchés. Rayon des chocolats saisonniers exclus.
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