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Sodas : mis au ban des boissons ?

distributeurs de sodas
Alexia
Écrit par Alexia

Face aux pertes en part de marché des célèbres mais de plus en plus désuets colas, les leaders du secteur des sodas mettent en place des stratégies de diversification. Au sein des boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA), la catégorisation et le concept de boisson gazeuse survivent en répondant aux tendances de consommation actuelles.

Quelle stratégie pour les industriels face à la dépréciation des sodas ?

Dans la famille des sodas, les colas représentent près de 50 % du chiffre d’affaires en 2018. Ils reculent cependant en volume et en valeur depuis plus de 4 ans[1]. Coca-Cola et PepsiCo, des noms associés aussi bien aux boissons emblématiques qu’au groupe en lui-même, ont révélé par leurs rachats et lancements de produits respectifs le besoin de réduire leur dépendance aux colas et donc aux sodas.

Les Cocas Light et Zero ainsi que Pepsi Max n’ont pas attendu la nouvelle version de la taxe soda établie en juillet 2018 pour proposer des boissons en dessous de 5 g de sucres pour 100 mL. Cependant, les colas ont souffert de controverses autour de l’aspartame et l’acésulfame-K. Bien que ces ingrédients soient aujourd’hui taxés, ils figurent toujours dans la liste d’ingrédients et les fabricants de colas semblent ne pas réussir à s’en défaire.

Les stratégies de diversification des grands groupes de boissons soulignent cette difficulté et laissent davantage de place à leurs « homologues non gazeuses » : les boissons à base de thé. La feuille verte de thé constituant un visuel naturellement efficace, ces boissons renforcent l’association du naturel à leur image en se mettant à la page en matière de teneur en sucres, d’édulcorants, ainsi que sur les labels.

chiffres clés sur les sodas

Quoi de neuf chez les boissons (non) gazeuses ?

Identifiée au SIAL 2018, la demande de naturalité, de plaisir et de santé du consommateur « healthy gourmand » de 2019 se retrouvera peut-être également sous forme… d’hybrides. Un mélange d’eau pétillante et d’arômes ou de jus de fruits permet-il la survie des sodas par définition ? Nestlé, Orangina Suntory et Badoit ont lancé en 2018 trois de ces spécimens faibles en calories, soit respectivement Perrier & Juice, Pulco Fines Bulles et Badoit Bulles de Fruits. Ces boissons non alcoolisées font partie du top 3 des innovations 2018 selon Nielsen.

Les associations insolites ne se font pas que chez les boissons gazeuses. Sur le banc d’essai et à la 8e place des innovations 2018, Joker (Eckes-Granini Group) Pur Jus Eau de coco challenge la teneur en sucres habituelle de ce genre de boisson. Grâce à l’eau de coco, les bouteilles arborent un Nutri-Score B. Elles pourraient venir redonner un coup de pep’s aux jus de fruits dont la consommation s’est vue discutée lors de la mise en place des nouvelles recommandations nutritionnelles, à cause de leur teneur élevée en sucres.

nouvelles boissons

Vers de nouvelles consommations de boissons ?

D’après l’étude du SIAL sur les enjeux de l’alimentation de demain (2030), nous choisirons les boissons autrement que pour le plaisir. Les boissons seront des produits fortifiés ou fonctionnels permettant l’endormissement (ajout de mélatonine), la relaxation (valériane ou cannabis/CBD là où il est autorisé) ou la concentration, par exemple.

Le kefir, une boisson fermentée consommée traditionnellement dans le Caucase, peut être réalisée à partir de lait ou de fruits. Récompensée plusieurs fois au SIAL 2018, cette boisson probiotique (et naturellement gazeuse !) avait déjà fait de l’œil à PepsiCo qui a racheté KeVita en 2016. Les boissons fermentées sont-elles des sodas 3.0 ?

Sur le plan environnemental, les industriels tels que Coca-Cola et PepsiCo ont également l’intention d’apporter de la valeur avec différents engagements :

  • Label Rainforest Alliance et développement durable ;
  • Objectif de rendre toutes les bouteilles en plastique recyclables entièrement voire compostables.

À l’image du rachat de Sodastream par PepsiCo, la consommation de boisson et de soda dépendra-t-elle davantage de sa signification environnementale ? La production locale ou le Made in France feront-ils partis des prochaines valeurs associées aux sodas ? Jusqu’où iront les industriels dans la personnalisation de leur offre en sodas ?

[1] Source : https://www.lsa-conso.fr/formats-sans-sucre-trouver-les-moyens-de-rebondir,300331

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A propos de l'auteur

Alexia

Alexia

Chargée de Communication et Développement chez Nutrikéo. Mes domaines de prédilection : programmes de santé publique, éducation alimentaire, innovation compléments alimentaires

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