Aliments

Les produits carnés contre-attaquent

viande filière
Yousrane Dramé
Écrit par Yousrane Dramé

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Depuis plusieurs mois, la filière viande et les industriels du végétal se livrent une véritable bataille. En avril dernier, un amendement interdisait par exemple d’utiliser les noms propres à l’univers de la viande comme « steak » ou « saucisse » pour des produits végétaux.

Les Français se détournent de plus en plus des produits carnés et notamment de la viande rouge. Ce constat s’explique par les inquiétudes des consommateurs sur leur santé, le bien-être animal, les répercussions de l’élevage sur l’environnement mais aussi l’évolution globale des modes de vie. Les professionnels du secteur souhaitent donc lutter contre cette tendance qui peut à terme les empêcher de travailler.

Même si le végétal est en plein essor et semble séduire de plus en plus de foyers, les produits à base de viande ne restent pas dans l’ombre et des innovations carnées se développent aussi. La filière bovine française compte redorer son image et séduire à nouveau les consommateurs en proposant de nouveaux produits et en menant un plan d’action concret pour le bien-être animal.

Cette année, le Salon International de l’Alimentation (SIAL) qui s’est tenu du 21 au 25 octobre 2018 a permis à la filière viande de faire la promotion du bœuf français, de l’herbe et de l’élevage extensif. Les protéines carnées ont été la source de nombreuses innovations. On a notamment découvert lors du salon :

Henryk Kania Meat chips de viande

  • Des chips fabriquées à partir de 182g de viande pour 100g de produit fini.  Un produit riche en protéines (37g/100g) qui se conserve deux mois.
  • Un snack pour sportifs à base de blancs de poulet, riche en protéines, pauvre en matières grasses et en glucides. Il est sans conservateurs ni additifs chimiques.
  • Un kit pour réaliser son propre foie gras élaboré par Labeyrie. La boîte contient un lobe de foie gras précuit, des liens, un torchon et un flacon d’Armagnac.
  • Un steak de bœuf et de veau pour burger d’1 kilo à partager.

Les préoccupations environnementales et le bien-être animal ont aussi été au cœur des discussions pendant le salon. Les industriels de l’agroalimentaire opèrent une transition pour répondre aux attentes de la société pour d’avantage de transparence et de traçabilité. L’ensemble de la filière (les éleveurs, les transformateurs et les distributeurs) souhaite redonner le goût de la bonne viande et pouvoir vivre correctement de son métier. Interbev, l’interprofession de la viande désire mettre en avant le savoir-faire des éleveurs pour faire face à la désaffection des Français pour la viande.

En octobre dernier, des géants de l’agroalimentaire se sont engagés dans la Coalition Globale pour le Bien-être Animal (GCAW). Nestlé, Unilever, Compass, Elior, Sodexo, Aramark et IKEA Food Services travaillent avec des experts issus de la recherche autour de 5 axes prioritaires :

  • Les élevages hors-cage
  • L’amélioration du bien-être des poulets de chair
  • Le bien-être des poissons d’élevage
  • La résistance antimicrobienne
  • Les normes de transport et d’abattage

poules hors cage viande filière

Dès 2019, des plans d’action auront pour objectif de développer les connaissances et de mettre en place des pratiques plus strictes. Nestlé a par exemple affirmé sa volonté d’améliorer le bien-être animal en s’approvisionnant uniquement en œufs de poules issus d’élevages hors-cage d’ici 2025 : des initiatives que constatent avec joie les associations spécialisées dans le bien-être animal.

Le 4 novembre dernier, Hugo Desnoyer, le « boucher des stars » annonçait dans l’émission Zone Interdite sur M6 qu’il fallait « manger moins de viande mais de meilleure qualité ». Le monde de la boucherie se révolte face à des actions parfois violentes de certains mouvement vegan. La filière viande est en lutte contre certaines dérives de l’industrie qu’elle ne cautionne pas. Une prise de conscience collective est nécessaire. Si nous voulons continuer à consommer de la viande, cette consommation doit être raisonnée et le bien-être des animaux doit être respecté.

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A propos de l'auteur

Yousrane Dramé

Yousrane Dramé

Chargée de communication
Mes domaines de prédilection : marketing et communication digitale, création web et stratégies social media

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