Aliments Communication

Le Nutri-Score prend son envol !

Alexane
Écrit par Alexane

Comment offrir au consommateur une lecture claire de la qualité nutritionnelle des produits alimentaires ? L’étiquetage nutritionnel connaît de nombreux rebondissements. Depuis des années, politiques, distributeurs, industriels, associations de consommateurs et membres de la communauté scientifique débattent sur ce sujet pour trouver un consensus… En avril 2017, un étiquetage nutritionnel simplifié est officialisé par le gouvernement : le Nutri-score est né !

De l’étiquetage nutritionnel au « système d’information nutritionnelle » complémentaire

A ce jour, il existe une déclaration nutritionnelle obligatoire en face arrière des emballages alimentaires, régie par le règlement européen n°1169/2011, dit INCO, qui indique notamment toutes les valeurs nutritionnelles du produit : la valeur énergétique, les matières grasses dont les acides gras saturés, les glucides dont les sucres, les protéines et le sel, pour 100 g ou ml de produit.

Exemple de tableau nutritionnel

Cependant, ces valeurs nutritionnelles pouvant être difficiles à comprendre pour les consommateurs peu avertis sur les besoins nutritionnels quotidiens, la loi 2016-41 de modernisation de notre système de santé a prévu le déploiement d’un système d’information nutritionnelle (SIN) unique à l’échelle nationale, en face avant des produits.

Cette nouvelle présentation visuelle simple permettrait d’évaluer de manière plus intuitive la qualité nutritionnelle de l’aliment et donc de repérer, d’un simple regard, les aliments bons nutritionnellement parlant dans les rayons des hypermarchés : les moins gras, les moins sucrés, les moins salés, etc.

Le Nutri-Score : le SIN simplifié officiel en France

Afin d’aider au choix du logo nutritionnel le plus pertinent, une étude grandeur nature (déjà évoquée dans cet article) a été lancée en septembre 2016, dans près de 60 supermarchés de 4 régions de France pendant 10 semaines, comparant 4 SIN : 

  • Le Système d’étiquetage nutritionnel simplifié (SENS) de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), un code couleur qui indique la fréquence de consommation conseillée des aliments ;

  • Le Traffic lights appliqué au Royaume-Uni, qui indique à l’aide de 3 couleurs la contribution en pourcentage et en valeur absolue d’une portion d’aliments aux apports nutritionnels de référence ;

  • Le Nutri-repère de l’Association Nationale des Industries Agroalimentaires (ANIA), qui permet de visualiser par une seule couleur la contribution en pourcentage et valeur absolue d’une portion d’aliment aux apports nutritionnels de référence ;
  • Le Nutri-score, de l’INSERM pour le ministère de la santé, un système en 5 couleurs correspondant à 5 lettres qui établit un score allant de A (en vert) à E (en rouge), en fonction de 4 paramètres : l’apport calorique pour 100 grammes, la teneur en sucre, en graisses saturées et en sel.

Suite à cette étude, le Nutri-Score apparaît comme le système le plus efficace et est reconnu par le gouvernement et l’Europe comme le seul système d’étiquetage nutritionnel. Un arrêté, pris en  application du décret du 19 juillet 2016, a été signé le 31 octobre 2017 pour permettre aux entreprises de l’agroalimentaire et aux distributeurs de l’utiliser. Son application reste facultative.

A ce jour, 33 acteurs de l’agroalimentaire se sont engagés à apposer ce logo sur leurs produits : plusieurs industriels tels que Fleury-Michon, Danone, Bonduelle ou McCain et des grands groupes de distribution comme Auchan, Intermarché, Casino et Leclerc. L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) peut accompagner ces entreprises alimentaires dans cette démarche.

Afin de poursuivre la dynamique de déploiement du Nutri-Score, une campagne de promotion, notamment télévisée, sera lancée au printemps 2018 par les pouvoirs publics.

Certains acteurs ne restent pas sans interrogations quant à la pertinence du Nutri-Score. En effet, un certain nombre d’industriels semblent assez hostiles, craignant notamment d’étiqueter leurs produits « plaisir » en rouge (biscuits, chocolats, etc.) et de les stigmatiser, au risque d’en détourner les consommateurs. Finalement, l’éducation nutritionnelle prendra ici tout son sens afin de sensibiliser sur l’équilibre alimentaire à avoir sur la durée, reposant sur la diversité des aliments.

La mise en place du Nutri-Score pourra-t-elle un jour faire l’unanimité… ?

A propos de l'auteur

Alexane

Alexane

Consultante - Chef de projet chez Nutrikéo. Mes domaines de prédilection : communication des aliments-santé, e-nutrition, nutrition infantile...

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