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L’ingrédient du mois : la rubisco !

rubisco
Elise
Écrit par Elise

A l’origine de la photosynthèse, la rubisco est considérée comme la protéine la plus abondante sur terre. Si elle est bien connue et largement étudiée, la difficulté de son extraction couplée à sa couleur verte en font une protéine peu utilisée dans l’agroalimentaire. Mais de nouvelles technologies prometteuses pourraient mettre la rubisco sur le devant de la scène.

Faisons un focus détaillé sur cette protéine végétale afin de découvrir comment elle pourrait surfer sur la tendance des protéines végétales, pour révolutionner nos apports protéiques tout en répondant aux attentes des consommateurs et aux actualisations des repères du PNNS.

 

Une protéine végétale et « verte »

Aujourd’hui, les protéines végétales sont remises sur le devant de la scène dans les nouvelles recommandations du PNNS. Le PNNS recommande en effet de tendre vers une répartition de consommation : 50 % de protéines animales et 50 % de protéines végétales.

Les protéines végétales sont également largement plébiscitées par les consommateurs auprès desquels, elles bénéficient d’une image saine, bonne pour la santé, et éco-respectueuse. Les Français sont 83 % à penser que les protéines végétales sont indispensables à leur alimentation, selon le baromètre consommateurs 2016 du Groupe d’Etude et de Promotion des Protéines Végétales (GEPV).

La rubisco, en plus d’être une protéine végétale, peut bénéficier d’une image « verte » en raison de sa source. En effet, son extraction est possible à partir des déchets de la filière légumes. Cette utilisation va dans le sens du Programme national de prévention des déchets 2014-2020 et de la politique européenne de réduction des déchets visant à rompre la corrélation entre croissance économique et augmentation des déchets. Il faut savoir que le coût du gaspillage alimentaire est estimé à 442 € par tonne de matière alimentaire produite.

 

La rubisco a ainsi une triple particularité :

  • Elle répond aux souhaits des consommateurs de diminuer leur consommation de viande et de diversifier leurs sources de protéines.
  • Elle s’accorde aux recommandations des politiques de santé publique.
  • Elle va dans le sens de l’objectif de la réduction et de la valorisation des déchets ou « sous produit » de l’agroalimentaire.

 

 

Au centre d’un projet européen

GreenProtein est un projet issu d’un partenariat public-privé et financé par Bio Based Indutries. GreenProtein réunit 9 partenaires ayant pour objectif commun d’extraire cette protéine fonctionnelle, la rubisco, afin de valoriser des restes de l’industrie de la transformation de légumes. Parmi ces 9 partenaires issus de 5 pays, on compte Florette qui fournira la matière première : les déchets de salade verte et l’INRA d’Angers-Nantes qui étudiera les qualités nutritionnelles et l’impact des procédés mis en place sur les propriétés des protéines. Le projet comprend également une analyse de mise en application possible des protéines végétales ainsi extraites.

Ce projet, doit s’étaler sur plus de 4 années et prévoit la construction d’un module de démonstration de la taille d’un container qui pourra être adossé à une unité de production afin d’en utiliser les co-produits.

Le projet européen n’est pas le seul à étudier ce produit, une équipe hollandaise travaille également sur la possibilité d’une telle extraction à partir de feuilles de betterave sucrière mais également d’algues. 

Enfin Nizo Food Research a annoncé avoir extrait une poudre de protéine soluble et non colorée à partir de la rubisco grâce à un procédé innovant dont l’obtention du brevet est en cours.

 

La perspective d’un développement prometteur

Le succès des protéines végétales est tel que le marché prévoit une augmentation des ventes de 42 % au niveau mondial.

Ces projets innovants autour de la rubisco devraient permettre une production locale, sachant que l’Europe importe actuellement 77 % de protéines destinés à l’alimentation humaine et animale réduisant d’autant plus l’impact écologique liée à l’importation.

 

Ces chiffres corroborent l’avenir prometteur attribué à la rubisco qui représente une alternative verte pour l’alimentation de demain. Ce projet pourrait également permettre la découverte ou l’extraction d’autres ingrédients aux propriétés nutritionnelles et / ou fonctionnelles.

Une inconnue subsiste, quel accueil les consommateurs réserveront à cette protéine verte « de synthèse » ?

 

 

A propos de l'auteur

Elise

Elise

Diététicienne-Conseil - Mes domaines de prédilection : éducation thérapeutique du patient, nutrition périnatale et infantile, prévention-santé

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