Foodtech

Foodvisor : quand photographier rime avec « Bien Manger » !

Foodvisor
François
Écrit par François

Rencontre avec le co-fondateur de l’application

Le « Bien Manger » : une belle ambition, mais pas toujours évidente… Malgré tout, le digital et la FoodTech nous offrent chaque jour de nouveaux outils plus innovants pour tendre vers une alimentation équilibrée. Les plus populaires restent de loin les applications de « food-logging », qui permettent un suivi quotidien de son équilibre alimentaire à partir des aliments consommés et renseignés sur le smartphone. Notre petit dernier, mais pas des moindres : Foodvisor, l’application qui révolutionne littéralement la saisie des repas en s’attaquant à l’analyse directe des photos de vos plats ! Toujours à l’affût des innovations de la FoodTech, nous sommes donc partis en safari photo à la rencontre de Yann GIRET, Directeur Scientifique et Co-Fondateur de l’application, qui a accepté de nous faire partager la grande aventure Foodvisor.

 

Culture Nutrition : Bonjour Yann, alors dis-nous comment est né le projet Foodvisor ?

Yann Giret : « Tout est parti d’un projet de recherche appliquée sur la vision par ordinateur en école d’ingénieur (Centrale Paris) entre moi et mes deux camarades : Charles BOES (Directeur Général) et Gabriel SAMAIN (Directeur de la Technologie). La 4ème fondatrice, Aurore, est diplômée de l’ESSEC et s’occupe de toute la partie marketing digital chez Foodvisor. N’ayant pourtant à la base aucun projet entrepreneurial, nous nous sommes lancés dans 3 bêta tests suivis finalement d’une mise à disposition sur le store de la grande marque à la pomme. C’était parti pour l’aventure Foodvisor ! »

 

Culture Nutrition : Quelle est votre ambition avec la création de Foodvisor ?

Yann Giret : « Avant tout simplifier la vie des gens qui veulent manger plus sainement, soit pour améliorer leur style de vie, soit pour perdre ou gagner du poids, soit à des fins médicales. Nous constatons qu’aujourd’hui les applications existantes sont très rébarbatives car il faut saisir les aliments à la main. Nous nous sommes donc d’abord concentrés sur le développement d’une nouvelle technologie de saisie optimisée par la reconnaissance visuelle, en échangeant à côté avec une diététicienne sur les aspects nutritionnels. Nous sommes également suivis par un laboratoire de recherche de notre école Centrale Paris qui est associé à Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA). »

 

Culture Nutrition : En bref, Foodvisor comment ça marche ?

Yann Giret : « Il s’agit d’une application innovante permettant de prendre en photo l’ensemble de son repas pour obtenir les informations nutritionnelles correspondantes. Le fonctionnement est basé sur le principe de « Deep Learning », ou apprentissage automatique, qui va analyser votre assiette, reconnaitre les aliments, évaluer les quantités, puis en déduire les données nutritionnelles. Si l’application ne reconnait pas un aliment ou une quantité, c’est à l’utilisateur de rentrer les données manuellement. L’application saura donc un peu mieux évaluer un aliment mal reconnu à la prochaine photo d’un utilisateur de la communauté. Et ainsi de suite : l’appli apprend de manière intelligente par la donnée utilisateur (photo, saisie manuelle) pour à terme ne plus avoir besoin de renseigner d’infos du tout. »

 

Culture Nutrition : Peux-tu nous décrire un peu plus cette interaction avec vos données utilisateurs ?

Yann Giret : « L’application renvoie en fait un résultat estimé avec 2 sources d’erreur possibles : soit l’algorithme ne reconnait pas l’aliment, soit il lui associe un aliment erroné s’ils se ressemblent. Du coup on demande aux utilisateurs de nous aider un peu dans certains cas ! Cela permet à la fois d’enrichir et d’affiner l’algorithme, et cela ne bloque pas le parcours utilisateur. On récupère d’abord leurs photos avec leurs propres corrections, qu’on fait ensuite passer par une boucle de validation externe, puis au bout d’un certain quota d’erreurs similaires identifiées on intègre la nouvelle donnée dans l’algorithme. Au début nous avons dû calibrer l’algorithme de base via Google Images, mais à présent nous souhaitons n’impliquer que nos utilisateurs. Nous en avons aujourd’hui des milliers qui participent à cet affinage de la précision ! »

 

Culture Nutrition : Comment fonctionne votre système de points et de récompenses ?

Yann Giret : « Pour l’instant nous travaillons encore sur ces fonctionnalités mais notre concept voulait à la base partir de la classification « 5C » des aliments, utilisée sur Open Food Facts (A, B, C, D, E + Couleurs) pour attribuer des points en récompense selon la note de l’aliment, avec des messages informatifs pour expliquer la lettre. Actuellement, cette classification des aliments selon leurs bénéfices santé fait l’objet d’études approfondies dans la grande distribution. On privilégie d’abord la fonction première de l’application, mais nous allons bientôt intégrer de la gamification et du social par des échanges entre utilisateurs. »

 

Culture Nutrition : Comment s’articule votre modèle économique sur le long terme ?

Yann Giret : « Aujourd’hui Foodvisor est bien gratuit. Mais on pense à 3 choses pour construire notre Business Plan :

  • Intégrer des options payantes dans l’appli : coaching avec une personne physique, informations nutritionnelles plus détaillées, etc.
  • Pousser des recommandations de produits partenaires de manière personnalisée en fonction de ce qu’un utilisateur aime ou n’aime pas.
  • Vendre notre technologie de reconnaissance photo : des groupes tels que INSTAGRAM pourraient ainsi reconnaître les éléments sur les photos de leurs utilisateurs pour davantage les connaître.« 

 

Culture Nutrition : Est-ce que Foodvisor a décidé de partir en croisade contre Google ?

Yann Giret : « En effet Google a annoncé leur projet Im2Calories il y a environ 2 ans, qui se base sur les mêmes principes théoriques que Foodvisor pour la reconnaissance visuelle. Mais nous avons toutefois une forte valeur ajoutée : nous savons que nos photos sont uniquement des aliments contrairement aux banques générales d’images de Google, donc nous pouvons rendre nos algorithmes bien spécifiques à l’usage alimentaire ! »

 

Comme le montre déjà son palmarès très encourageant : Lauréate des concours Petit Poucet, App Awards et French Innovation Corner, sélection pour la pépinière d’entreprises « La Marmite » de Nutrisens fondée en 2015 Foodvisor ne fait que commencer sa « success story » ! D’autant plus qu’aujourd’hui l’application ne compte pas vraiment de concurrence dans le genre, à part bien sûr l’un des piliers des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qu’il va falloir surveiller. Cette application disruptive de la FoodTech est donc idéale pour suivre son alimentation de manière simple, rapide et ludique, tout en participant à l’amélioration du produit qu’on utilise.

 
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Avec Foodvisor, dire « Cheese ! » avant une photo prendra maintenant tout son sens !

A propos de l'auteur

François

François

Doctorant en Education Nutritionnelle grâce aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) – Mes domaines de prédilection : e-nutrition, IoT, éducation nutritionnelle, comportements alimentaires

2 commentaires

    • Bonjour,

      Merci pour votre commentaire !
      Je vous laisse prendre contact directement avec Foodvisor pour avoir plus d’informations à ce sujet.

      Bonne journée,
      Charlotte

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